
Cinq heures et quelques. Je me réveille avant le jour et je sais tout de suite ce qui m'a réveillé : la maison a gardé toute la nuit une lumière qu'elle n'a pas l'habitude d'avoir. En bas, la petite lampe brûle encore sur l'assiette du troisième.
Personne ne l'a rangée : ni elle en éteignant, ni moi à deux heures, mon verre d'eau à la main. Nous avons dormi au-dessus d'une décision que nous n'avons pas prise.
À quarante-deux ans et dix-sept ans de métier, j'ai appris une chose et rien d'autre : on ne touche pas une corde qui vibre encore. Je reste sur le dos, les yeux ouverts dans le gris, et j'écoute ma femme dormir. Margaux a trente-sept ans, dont douze passées à réparer ce que d'autres ont abîmé, et un sommeil qui ne triche jamais.
Ce matin, il triche : sa respiration est trop égale, c'est celle de quelqu'un qui compte.
— Tu es réveillé, dit-elle. Ce n'est pas une question.
— Depuis un moment.
— Moi depuis trois heures. Je ne regrette rien. Je voulais te le dire avant qu'on descende.
Elle se tourne vers moi. Son genou trouve le mien avant tout le reste — il fait ça depuis quinze ans, il arrive toujours en éclaireur.
— Je peux ?
— Oui.
Elle passe par-dessus moi dans le noir et s'installe, et il n'y a rien de la veille dans ce qu'elle fait : pas de programme, pas de phrase, pas de troisième. Elle me prend en main, sans façon, et me guide — sa pulpe est sèche du papier de la veille, l'alliance froide arrive une seconde après la main. Son sexe est déjà ouvert et me prend d'un seul coup.
Nous faisons l'amour dans un silence de maison endormie. Elle bouge à peine, longtemps, le front près du mien. Sous ma paume, ses reins travaillent et se creusent, et sa gorge prend cette raucité basse qu'elle a quand elle décide de ne plus s'occuper de moi.
Et à un moment, sans prévenir, je veux parler.
Ça monte comme une envie de tousser. Je veux lui dire de quoi j'aurais l'air, moi, assis, les mains à plat sur notre table. J'ouvre la bouche : il en sort de l'air.
Rien. Hier, dans le noir, les mots venaient tout seuls parce qu'elle en avait posé un rail devant moi ; ce matin il n'y a pas de rail, et ma gorge se referme sur un sujet qui n'a nulle part où aller.
Alors je fais ce que je sais faire : je porte. Mes mains prennent ses hanches, mon corps répond au sien. Elle jouit la première, brève, sans un son, les ongles courts plantés dans mon avant-bras ; je la suis presque aussitôt, franchement, complètement, et il manque une chose dont je ne savais pas, hier encore, qu'elle manquait.
Elle reste sur moi dans le petit jour.
— Tu voulais dire quelque chose.
— Oui.
— Et tu ne l'as pas dit.
— Je n'ai pas trouvé où le poser.
Elle descend, s'assoit au bord du lit, cherche son tee-shirt du pied — et à la façon dont elle reste une seconde de trop le dos tourné, je vois que je viens de lui donner sans le vouloir la mesure de ce qui nous manque.
En bas, elle pose deux tasses et s'assoit non pas en face de moi, comme tous les matins, mais sur le côté, à angle droit : la place d'où l'on voit à la fois l'autre et le bout de la table. Rien, chez cette femme, n'est posé au hasard. La lumière de sept heures prend l'assiette de biais et la rend presque belle.
— Alors ? dit-elle.
— Je n'ai pas envie qu'on la range.
Elle boit une gorgée, hoche la tête du menton, son geste d'atelier quand une couture tient.
— Moi non plus. Mais je ne veux pas d'un fantasme qui rôde. Un fantasme qui rôde, c'est une bête dans la maison : ça finit par manger n'importe quoi, n'importe quand. Je veux une porte, des gonds, une clé.
— Une clé pour ouvrir ou pour enfermer ?
— Les deux. C'est le principe d'une clé. — Elle repose sa tasse au centre de sa soucoupe, au millimètre. — Et il y a l'autre raison. Cette nuit, dans le noir, tu as parlé ; ce matin, tu n'as pas pu. La différence, ce n'est pas le noir, Antoine : hier je t'avais donné une phrase où poser la tienne. Ce matin, il n'y avait rien sous toi.
Je ne réponds pas, parce qu'elle a raison et que ça se laisse mal dire.
— Alors ce soir, on écrit. Et tant que ce n'est pas écrit, il ne se passe rien. Pas même en mots. D'accord ?
— D'accord.
C'est elle qui a dit « pas même en mots », et j'entends ce que cette prudence avoue : les mots, chez nous, ne sont plus une zone neutre. Depuis hier soir, ce sont eux les mains.
Le soir venu, elle installe la table en poste de travail — son carnet de relevés d'atelier ouvert à une page neuve, un crayon, nos deux tasses déjà. Elle écrit la date, nos prénoms et, dessous, nos âges — quarante-deux pour moi, trente-sept pour elle —, en toutes lettres, à la façon d'un acte. Je lui demande pourquoi les âges. Elle répond sans lever le crayon :
— Parce qu'un contrat commence par dire qui signe.
La première règle vient de la table même : rien ne se joue qui n'ait été décidé ici, à froid. Pas de jeu né dans l'élan, pas de « puisqu'on y est » : l'élan est une ivresse, dit Margaux, et on ne signe rien d'important dans l'ivresse.
La deuxième, c'est la demande. Il faut une phrase pour ouvrir : simple, posable un mardi, refusable sans drame. C'est la table qui la donne, là encore : « On dresse trois couverts ? » Toujours une question, jamais une annonce. Celui qui la pose demande ; l'autre est libre. Elle l'écrit en grand.
La troisième me revient, et j'y tiens : le lendemain matin, deux tasses, à cette table, obligatoire, même si tout s'est bien passé, surtout si tout s'est bien passé. On ne laisse pas une nuit pareille sans matin. Margaux ajoute dessous : jamais deux soirs de suite. Le désir aussi a besoin de sécher entre deux couches.
Vient le mot. Un mot qui arrête tout, à tout instant, prononçable par n'importe lequel de nous, sans justification à fournir et sans discussion possible — le jeu s'éteint, on allume les lampes, on se retrouve. Margaux le veut introuvable dans une conversation normale. « Piano » est éliminé d'office : je le dis dix fois par jour. « Chêne » aussi, c'est la table, elle travaille déjà assez. Le crayon casse au milieu de la liste ; le temps que j'en taille un autre, Margaux a trouvé, en regardant la fenêtre : sur l'appui, l'amaryllis de sa grand-tante, qui refleurit chaque hiver contre toute attente et dont personne, jamais, n'a besoin de prononcer le nom. Amaryllis. Elle l'écrit, l'encadre deux fois, et me le fait répéter à voix haute, une fois, pour que le mot existe dans la pièce autrement que sur le papier.
— Et le minuteur, dit-elle en posant sur la table son minuteur de cuisine, cadran crème. Un jeu dure ce que dure le remontage. Quand ça sonne, c'est fini — quoi qu'il arrive, où qu'on en soit. Une fenêtre, pas une nuit.
— Pourquoi ?
— Parce qu'une chose qui a une fin se traverse. Une chose sans fin se subit. On verra plus tard pour les nuits entières — si on en est là un jour, on récrira la page.
Reste le dernier point, et c'est elle qui le pose, crayon levé, en me regardant cette fois : ce qui se joue n'est pas un cadeau que l'un fait à l'autre. Si un soir je dis oui pour lui faire plaisir, je casse tout ; et réciproquement. Elle attend. Je dis : « D'accord. » Elle écrit d'accord en bas de la page, à la manière d'une signature, et referme le carnet — puis le rouvre : elle a oublié la sienne. L'anneau tourné d'un demi-tour, pierre vers la paume, le jeu est ouvert ; remis à l'endroit, il est fermé. Un interrupteur au vu de tous, révocable par elle seule, qui s'ajoute au mot sans le remplacer.
— Pourquoi l'alliance ?
— Parce que c'est toi qui me l'as mise. Ce qui s'ouvre part de nous. Ce qui se ferme revient à nous.
Sept lignes et une signature. Je relis la page avant de monter : je croyais y trouver une liste d'interdits, j'y trouve un droit.
Deux soirs plus tard, la règle numéro un sert pour la première fois — contre nous.
C'est dans le couloir, un mardi sans rien. Margaux rentre de l'atelier, du fil encore autour du poignet ; on se croise, on ne se croise pas. Sa main attrape ma ceinture au passage, elle rit dans mon cou, je la plaque doucement contre le mur en cherchant sa bouche. Et elle commence une phrase — quatre mots, pas plus, quatre mots qui ne parlent pas de nous deux :
— Il te regarderait, là…
Son rire s'arrête net. Une main à plat sur mon sternum.
— Antoine. La table.
Nous restons là, à deux centimètres l'un de l'autre, ridicules et brûlants. Ce n'est pas le désir qu'elle vient d'arrêter : c'est le troisième, qui essayait d'entrer par la porte de service, sans être invité. Tout, dans ce couloir, demande qu'on continue. C'est bien pour ça qu'on descend.
À la table, la question est posée dans les formes — c'est elle qui la pose, du bout des lèvres, l'amusement dessous :
— On dresse trois couverts ?
— Deux, ce soir. Mais je veux la lampe allumée.
Elle comprend avant moi ce que je viens de demander. Hier, le noir ; ce soir, voir. Elle tourne son alliance d'un demi-tour, du pouce — et sous l'anneau déplacé apparaît un demi-cercle de peau plus claire, un croissant pâle que quinze hivers ont gardé du jour, la preuve, écrite à même sa main, de tout ce temps où l'anneau n'a pas bougé. C'est la première chose que le jeu me montre.

Dans la chambre, elle allume la lampe du coin et me place debout devant le grand miroir de sa grand-tante — pied de noyer, verre piqué aux angles. Elle remonte le minuteur de vingt minutes sans me demander mon avis. Puis elle vient derrière moi, habillée, à peine dans le cadre : une épaule, la moitié d'un visage, le reste mangé par le tain.
— Reste debout. Regarde devant toi. Ce soir, c'est moi qui dis, et tu écoutes sans fermer les yeux. Si c'est trop, tu sais le mot.
— Je sais le mot.
— Dis-le. Pour voir s'il existe.
— Amaryllis.
— Bien. Il existe. — Ses mains se posent sur mes épaules. — Alors regarde-toi. Puisque tu veux voir, commence par là.
Et elle dit. Elle me décrit du dehors, de sa voix d'atelier, celle qui nomme les matières. Les épaules voûtées d'une vie penchée sur les cadres, redressées là, sous ses mots, parce qu'être décrit redresse. Les mains larges arrêtées le long du corps, « des mains que je regarde travailler depuis quinze ans, et tu ne sais pas l'effet qu'elles font quand elles savent où elles vont ». Ses doigts défont ma chemise depuis derrière, bouton à bouton, puis ouvrent ma ceinture — et le miroir me montre ce que je n'avais pas regardé depuis très longtemps : mon sexe tendu, tendu depuis le couloir, tendu depuis avant le couloir. Je le vois avant de le sentir. C'est un ordre que je ne connaissais pas.
— Voilà ce que lui verra, dit-elle contre mon oreille. Un homme de quarante-deux ans, assis, qui écoute, et qui n'a pas peur. Tu croyais que le spectacle, c'était moi. Regarde-toi être regardé. Le spectacle a toujours été des deux côtés de la table.
Je respire plus court. Dans la glace, je me vois rougir — quarante-deux ans, et je me vois rougir —, et je vois sa main descendre à plat sur mon ventre, s'arrêter, attendre. J'acquiesce dans le miroir. Elle entre.
— Et je vois ta bite se tendre sous mes doigts, dit-elle du même ton posé, sans changer de musique.
Le mot claque dans la chambre. Ce mot-là, elle ne le dit jamais — pas en quinze ans, pas une fois, pas même en riant. Elle vient de le choisir, de le préparer, de le poser où il fallait, et il me fait plus que sa main. Dans la glace, je vois ma mâchoire décrocher d'un cran.
— Tu l'entends ? C'est le vocabulaire du jeu. Il ne sort pas de cette pièce, et il ne sert qu'ici : c'est écrit en bas de la page, avec le reste.
Sa main se met en mouvement, lente, appuyée, sûre, avec l'économie qu'elle met à pousser une couture. Le va-et-vient est régulier et ne se presse pas ; la petite ligne d'or de l'alliance retournée accroche la lumière à chaque montée, un point brillant qui monte et descend dans le miroir, et je m'aperçois que c'est ça que je regarde.
— Tu veux que j'arrête ?
— Non.
— Dis-le en entier.
— Je ne veux pas que tu arrêtes.
— Bien. — Elle ralentit, exprès, jusqu'à presque rien. — Alors décris-moi. Sans te retourner.
Je cherche dans le cadre. Il n'y a d'elle qu'une épaule, une moitié de bouche, un morceau de mâchoire que le verre piqué mange en son milieu. Je la dis donc de mémoire, et c'est la première fois de ma vie que je fais ça à voix haute : les trois grains de beauté sous l'oreille gauche, l'ongle du pouce fendu par la presse au printemps, le bouton de sa chemise qui m'appuie une marque entre les omoplates et dont je sais qu'elle y sera encore demain. Je parle mal ; ma voix tient à un fil, et le fil est court. Mais je parle — et sa main sur mon sexe reprend au moment exact où je trouve le mot suivant, un accompagnement de main gauche.
C'est là que je comprends ce que la page a acheté. Pas la permission de faire : nous n'avons besoin de personne pour faire, nous faisons depuis quinze ans, et l'autre matin encore, dans le noir, très bien. Ce que sept lignes et une signature ont acheté, c'est un endroit où poser ce qui n'en avait pas.
— Assez de mémoire, dit-elle.
Derrière moi, le froissement de la chemise qui tombe, puis le reste. Elle réapparaît dans le cadre par morceaux, au-dessus de mon épaule : une clavicule, la constellation sous l'oreille, un sein, le ventre. Elle se colle à mon dos et la marque du bouton disparaît sous elle.
— Donne ta main. Derrière toi.
Je la donne. Elle la conduit entre ses cuisses, et son sexe est ouvert, trempé depuis le mot, peut-être depuis avant. Elle ne dit rien de ce que ça lui fait ; elle ne dira rien de tout le soir. Mais ma paume est là et la vérité passe par ma paume : ça bat, ça se serre autour de mes doigts, et sa respiration lâche enfin sa belle régularité. Dans le miroir, son visage change d'un demi-degré. C'est tout ce qu'elle me laissera voir, et c'est énorme.
— Ne crois pas que je te fais une faveur, dit-elle. C'est écrit aussi, ça, en bas de la page. Ne le crois pas une seconde.
Elle me tourne d'un quart, m'amène contre la commode, s'y assoit à demi et m'attire entre ses jambes. Le miroir est à côté de nous, en biais, et nous y sommes tous les deux. Elle me place et me fait entrer, lentement, sans lâcher mes yeux dans le verre ; je la pénètre debout, et elle laisse échapper le premier son de la soirée, une note basse, brève, qu'elle ravale aussitôt.
— Regarde, dit-elle. Pas moi. Nous.
Alors je regarde. Je nous regarde. Il n'y a pas de troisième dans cette chambre, il n'y en a pas eu de toute la soirée, et pourtant tout ce qui se passe se passe parce qu'il existe quelque part, à l'état de phrase, entre une date et une signature.
Elle cesse les phrases. Elle dit des mots, un par un, posés sur le temps : reste — ouvre les yeux — encore. Ses talons se croisent dans mes reins et me commandent le rythme, comme la pédale commande la note. Le verre se couvre de buée à hauteur de nos bouches, un petit rond qui grandit et se rétracte à chaque coup, et de l'autre côté du rond il y a un homme que je n'avais jamais vu de ma vie et qui a mon visage.
— Maintenant, dit-elle.
Elle me fait jouir debout, les yeux ouverts jusqu'au bout parce qu'elle me l'a demandé, en me tenant par la nuque pour que je ne baisse pas la tête. Ça dure longtemps et ça ne fait presque aucun bruit ; ce qui en sort de moi est un mot commencé qui n'arrive nulle part. Dans la glace piquée, nous avons l'air d'un seul corps mal cadré.
Elle me garde contre elle un moment, sans bouger, puis embrasse ma nuque, une fois, sans commentaire.
— Et toi ? je demande.
— Ce soir, non. Ce soir, j'ai regardé. — Elle remet son anneau à l'endroit, du pouce, et le croissant pâle disparaît dessous. — Fermé.
Le minuteur sonne deux étages plus bas, très longtemps après que tout est fini. Nous rions tous les deux, à bout de nerfs, et c'est ce rire-là que je garde du premier soir de jeu — pas le mot cru, pas le miroir : nos rires sur une sonnerie en retard.
— Il faudra le monter, dit Margaux. Viens, l'eau doit encore être chaude.

Le lendemain matin, deux tasses : la règle trois, jouée dans les formes.
On se raconte la veille — pas les gestes : les endroits sous les gestes. Margaux avoue que le mot cru lui a demandé trois jours et qu'elle l'a répété seule à l'atelier, pour qu'il sorte net. J'avoue que le miroir m'a coûté, puis rendu, et que je n'ai pas fermé les yeux une seconde — pas par obéissance : parce que pour une fois, ce que je voyais et ce que j'entendais disaient la même chose. Elle note deux lignes au carnet : la lumière en biais, oui. Les yeux ouverts, à sa demande seulement.
C'est en se levant pour resservir le café qu'elle s'appuie de la main sur le coin de la table — et que le pied avant gauche cède. Pas un effondrement : un renoncement. Un craquement sourd, la table qui s'agenouille de trois centimètres, nos tasses qui glissent en pente douce et que je rattrape une dans chaque main, l'assiette du troisième qui tinte contre son verre sans tomber. Sous le plateau, la fente court le long du fil du bois, ancienne, élargie d'un coup — cette table a cent ans, elle vient de la famille de Margaux, et elle nous a tout entendus.
Margaux s'accroupit, palpe la blessure du plat de la main, l'air de prendre un pouls.
— Ça ne se cale pas, dit-elle enfin. Ça se répare. Et pas par nous.
Sa papetière lui a donné le nom d'un atelier, à vingt minutes, un restaurateur qui travaille pour les métiers du livre et du bois — « le genre qui demande la permission avant de toucher », a-t-elle dit, et Margaux a trouvé la formule digne de confiance. Elle appelle. Une voix calme, peu de mots : samedi neuf heures, on apporte le plateau et le pied.
Elle note l'heure sur la carte de l'atelier et la pose contre le verre du troisième couvert, bien droite, à sa place de convive.
Samedi, la table du jeu s'en va chez un inconnu.