18+

Fiction érotique EXPLICITE réservée aux adultes — scènes sexuellement explicites ; tous les personnages sont majeurs et consentants.

Chapitre 1 — Trois couverts

Repères
IntensitéNiveau 2 – Partage voyeur léger
RegistreEXPLICITE
CWpartage consenti et jalousie travaillée (cuckolding, cadre négocié), voyeurisme consenti, scène sexuelle explicite entre partenaires, fantasme dit à voix haute
Mention 18+Récit 18+ — personnages adultes et consentants
RomanLe Troisième Couvert — chapitre 1/10
GenreCuckolding
NarrationHistoire racontée
Durée de lecture≈ 11 min
Illustration : une table de cuisine en chêne dressée pour trois sous une suspension à la lumière chaude, deux couverts face à face et une assiette vide en bout de table, feuillages stylisés or et vert en encadrement

Margaux dresse la table pour trois.

Je le vois depuis la porte de la cuisine, ma sacoche d'outils encore à l'épaule : deux couverts face à face, les nôtres, et un troisième en bout de table, sous la suspension — assiette, verre, fourchette à gauche, couteau à droite, le tranchant tourné vers la faïence. Le pli des choses faites avec soin. Je compte les pièces sans le vouloir. Sept. Nous sommes deux dans cette maison depuis toujours.

Je ne demande rien. Je pose la sacoche au pied de l'escalier, j'annonce que le demi-queue de la salle municipale a encore rendu son la, que j'y retourne jeudi. Margaux répond que la presse a coincé un cahier tout l'après-midi, qu'elle a gagné à l'usure. On se parle de nos journées, à voix normale, au-dessus des assiettes.

La troisième écoute.

J'ai quarante-deux ans, et depuis dix-sept ans j'accorde les pianos des autres. Le métier m'a laissé ceci : j'entends ce qu'on ne me dit pas. Un battement entre deux cordes presque justes, une phrase qui ralentit sur sa fin — c'est le même tremblement, et il ne ment jamais. Ce soir, la cuisine tremble bas, à la limite de l'audible, et je mange sans poser de question.

Margaux a trente-sept ans. Douze de ces années ont passé à recoudre des livres fatigués, dans l'atelier sur cour, et il lui en reste aux mains une odeur de colle et de cuir que le savon ne discute plus. Elle mange droite, les épaules calmes. De temps en temps son regard se pose sur l'assiette vide, trois secondes, pas plus, puis revient à moi — et c'est dans ce retour que le tremblement se loge. Pas dans l'assiette. Dans le chemin du regard.

L'assiette du bout n'a d'ailleurs rien de particulier. C'est le service de tous les jours, faïence crème, un filet doré fatigué au bord. Elle n'a pas sorti la vaisselle des grandes occasions, celle qui annonce des invités et des efforts. Elle a dressé le couvert d'un habitué. D'un familier de la maison qui n'existe pas — pas encore, dit la fourchette ; pas forcément, dit le couteau ; c'est ce genre de conversation que j'ai avec les objets quand je n'ose pas l'avoir avec ma femme.

Il faut dire d'où nous venons, pour comprendre le poids de cette faïence. Nous ne nous sommes jamais rien promis sur ce chapitre-là, et c'est le problème : le silence n'a pas été décidé, il s'est déposé. Année après année, le désir est devenu entre nous une langue d'usage — fiable, apprise, sans imprévu —, et ce qui ne se disait pas a fini par ressembler à ce qui ne se dit pas. Un interdit que personne n'a signé, gardé par personne, respecté par les deux. Margaux vient de poser une assiette dessus.

Elle me raconte le livre du moment, pendant que je nous ressers de l'eau : un atlas au dos cassé, dont le propriétaire veut garder les cicatrices visibles. « Je répare, je ne maquille pas », dit-elle, et elle plie sa serviette en deux gestes. J'aime cette phrase de tout le soir.

Au fromage, ma main part vers le bout de la table. Repousser l'assiette de trois centimètres, la rendre au buffet, en finir avec ce couvert qui ne mange pas. Je compte jusqu'à trois. Ma main change d'avis et prend le pain.

Elle a vu. Elle ne dit rien. Le sourire monte un peu plus haut à gauche, s'éteint.

Après le dîner elle débarrasse nos deux assiettes, lave, essuie, range — chaque chose à sa place, elle vit comme elle relie. Et elle laisse la troisième sous la suspension, intacte, avec son verre vide. Elle éteint le plafonnier. Elle laisse la petite lampe du bout de table allumée, celle qui ne sert qu'aux soirs d'hiver.

Je suis déjà dans l'escalier quand les quatre mots sortent enfin. J'ai mis tout le repas à les accorder.

— Tu attends du monde ?

Margaux s'arrête au pied des marches, une main sur la rampe. Elle réfléchit — pas à la réponse, j'entends bien qu'elle est prête depuis des jours ; au poids qu'elle veut lui donner.

— Non, dit-elle. C'est pour voir.

Et elle monte devant moi, sans presser le pas, en défaisant son chignon d'une seule main. Ses cheveux tombent sur ses épaules marche après marche. Je connais ce geste. Le jour, ils sont attachés ; détachés, c'est une phrase entière.

Illustration : une chambre dans la pénombre, un rai de lumière doré passant sous la porte, deux alliances posées sur une table de nuit près d'un livre relié, motif de feuillage discret

La chambre garde l'odeur du plancher chauffé de la journée. Margaux tire les rideaux, se déshabille sans hâte et sans spectacle, garde le vieux tee-shirt des soirs ordinaires. Je me couche à ma place. Elle éteint.

Le noir, chez nous, n'est pas complet : la veilleuse du couloir passe sous la porte, un fil de jaune au ras du sol. À côté de moi, Margaux respire trop régulièrement pour dormir : c'est sa respiration de décision, celle qu'elle a devant un dos de cuir à ouvrir, quand le geste est prêt et qu'elle vérifie une dernière fois l'ordre des opérations. J'attends. Attendre, je sais faire ; c'est le premier outil du métier — on n'accorde pas une corde qui vibre encore.

— Tu veux entendre ? demande Margaux dans le noir.

Sa voix est posée, précise, à peine plus basse que le jour. Je mets du temps à répondre, et elle me le laisse.

— Oui.

— Si c'est trop, tu le dis, ou tu retires ta main, et on s'arrête là pour ce soir. On n'en reparlera que si tu le veux. D'accord ?

— D'accord.

— Alors donne ta main.

Elle la prend par le poignet, sans chercher, main sûre dans l'obscurité — une main d'atelier, qui trouve le fil sans regarder. Le tee-shirt a disparu ; je ne l'ai pas entendue l'ôter, et c'est la seule chose de la soirée que je n'aurai pas entendue. Elle pose ma paume à plat sous sa gorge, sur le sternum, à l'endroit où l'on sent battre.

Je découvre du bout des doigts ce que mes yeux connaissent par cœur et n'ont jamais su pareil : le grain fin, la clavicule, la peau plus mince qu'un papier de garde. La corne de mes doigts de la main gauche — dix-sept ans de cordes — accroche à peine sur ce fin-là ; elle frissonne de l'accroc, ne retire rien, appuie ma main un peu plus fort. Sous ma paume, ça bat vite. Je compte les premiers battements par habitude, et je les lâche.

Elle ne me rend pas mon poignet. Elle conduit ma main plus bas, dans un ordre décidé avant moi : le poids d'un sein qui déborde de ma paume, le creux sous les côtes, le ventre qui se creuse quand j'arrive — et son sexe, ouvert, chaud, mouillé depuis longtemps déjà.

— Voilà où j'en suis, dit-elle. Depuis le fromage.

Elle rit à peine, deux notes, et le rire s'arrête quand mes doigts trouvent leur mesure. Pas la mienne : la sienne, celle qu'elle vient de m'apprendre en trois centimètres de trajet. Je vais lentement. Je n'ai jamais rien accordé vite. Elle ouvre les cuisses d'un cran, pas plus, et sa hanche vient chercher le mouvement, une fois, deux fois, puis le tient toute seule.

— On finit de dîner, dit-elle. Toi et moi. Et il y a un troisième couvert, et cette fois il est pris. Un homme est assis au bout de la table. Un homme de notre âge ; je ne lui connais pas de visage, ce n'est pas le visage qui compte. Il me regarde depuis le début du repas — poliment, sans se cacher — et toi, tu l'as entendu me regarder. Tu entends tout, tu entends même ça.

Sa phrase se casse au milieu d'un mot, se recolle plus bas. Mes doigts sont entrés dans son sexe et elle continue de parler par-dessus, plus lentement, en choisissant chaque mot comme si le choix lui coûtait le double. Je sens l'endroit précis où la phrase et le ventre travaillent ensemble : elle serre quand elle cherche, elle se relâche quand elle trouve.

— Il ne fait rien. Personne ne fait rien qui n'ait été décidé avant, à cette table, à froid, toi et moi, avec nos mots à nous ; c'est notre table, c'est notre règle, il le sait. Alors tu ne surveilles pas. Tu écoutes.

Elle marque un temps. Sa main se referme sur mon poignet quand je remonte, l'y ramène, l'y garde. Je reconnais ce geste-là aussi : c'est celui qu'elle a sur une couture qui vient bien et qu'on ne quitte pas des yeux. Alors je reste où elle m'a mis et je travaille son sexe au rythme exact qu'elle m'a donné, sans rien changer, pendant qu'elle dit ce qu'elle a à dire — et ce que ça lui fait s'entend dans les blancs entre les phrases, pas dans les phrases.

— Et à un moment, c'est moi qui me lève. C'est moi qui décide de chaque pas. Je vais vers lui et…

Sa phrase s'arrête au bord. Elle recommence, plus bas :

— Non. Ce n'est pas ça. Attends. Ce n'est pas vers lui que ça va.

Elle repousse ma main d'un coup de hanche, se met à genoux, remonte le long du lit et vient s'asseoir au-dessus de mon visage, une main à plat sur le mur pour se tenir. Le fil de jaune de la veilleuse pose une ligne en travers de sa cuisse. Elle ne descend pas tout de suite ; elle attend, immobile, à la distance exacte où je la sens sans l'atteindre — et c'est elle qui referme la distance, quand elle décide.

Je la lèche à sa mesure, celle des trois centimètres, et le goût est celui de sa peau du soir avec le sel dessous. Son sexe s'ouvre contre ma bouche chaque fois qu'elle avance d'un demi-centimètre, et elle avance par demi-centimètres, longtemps. Au-dessus de moi sa main sur le mur glisse de deux doigts et se rattrape. C'est le seul bruit qu'elle fait pendant tout ce temps : une paume qui dérape sur du plâtre.

— Pas encore, dit-elle enfin. Attends. Je n'ai pas fini de dire.

Elle redescend le long de moi, une cuisse puis l'autre, et je trouve à l'aveugle les trois grains de beauté sous son oreille gauche, alignés comme des points de couture. Sa main me cherche entre nous, me trouve, me tient — et ne fait rien d'autre que me tenir, une longue seconde, le temps de décider.

— Toujours là ? demande-t-elle.

— Là.

Alors elle me place et se pose, lentement, jusqu'au bout ; son sexe se referme sur moi par étages, et sa respiration change de registre au milieu de la descente. Arrivée en bas, elle s'arrête net et ne bouge plus du tout. Je sens tout ce qui continue de bouger là-dedans sans elle. Mes mains montent d'elles-mêmes ; elle les attrape au vol, les rend au drap, les y laisse. Elle attend d'avoir sa voix, et il lui faut du temps pour l'avoir.

— Voilà ce que je vois, dit-elle, quand je dresse trois couverts. Pendant que ses mains me défont — et il me défera lentement, parce qu'on le lui aura demandé lentement —, moi, c'est toi que je regarde. Toute la scène, c'est toi. Ton visage pendant que tu écoutes. Tes mains posées à plat sur notre table. Je veux te voir me voir. Le reste est un moyen.

Le mot tombe, et quelque part en moi une résistance que je croyais porteuse cède sans bruit. Je m'aperçois que j'ai cessé de compter. Les battements, les secondes, les marches : plus de chiffres. C'est la première fois de la soirée que je n'ai plus de chiffres.

Elle commence à bouger, et c'est un mouvement que je ne connais pas d'elle — long, appuyé, qui redescend chaque fois un peu plus loin qu'il n'était monté. Son sexe me tient et me lâche, me tient et me lâche, toujours au même tempo. Mes mains tiennent ses hanches, puis ne les tiennent plus : elle les remonte le long de son ventre et les repose sur ses seins, à l'endroit qu'elle veut, comme on pose des outils sur un établi.

— Trois fois, dit-elle. En un mois. Trois fois j'ai commencé une phrase et je l'ai arrêtée. Le soir des amis qui se séparaient. Le dimanche du disque, où je t'ai regardé écouter pendant vingt minutes. Et la semaine dernière, en éteignant, tu m'as demandé à quoi je pensais et j'ai dit « rien ».

— Je sais, je dis. J'ai entendu les trois.

— Et tu n'as rien demandé.

— Non.

— Alors on est deux à avoir tenu la porte fermée.

Le va-et-vient s'ouvre, prend de l'amplitude, et sa voix se cale dessus sans le suivre tout à fait — un temps de retard, une main gauche qui accompagne. Voilà la grammaire de ce soir : elle conduit, je porte, elle dit. Le troisième n'est pas dans la chambre. Il est dans la phrase, et la phrase est à elle.

— Maintenant, dit-elle, dis-moi ce que tu entends, toi.

Parler. Elle sait ce qu'elle me demande. Je cherche mes mots sans méthode — le contraire du métier —, et je les cherche pendant qu'elle me prend, ce qui n'aide pas. Son sexe me serre à chaque fois qu'elle redescend, et à chaque fois la phrase que j'avais repart de zéro.

— J'entends que tu n'as pas peur, je dis. Tu tiens la note. Depuis le début du dîner, tu la tiens.

— Continue.

— J'entends que ce n'est pas lui que tu veux. C'est nous. Avec plus de place autour.

Elle se casse en deux sur cette phrase-là, le front descendu contre mon épaule, et le va-et-vient se raccourcit, se ramasse, ne cherche plus rien d'autre que lui-même. Je goûte le sel resté au creux de sa clavicule. Sa main gauche part chercher la mienne sur le drap, l'ouvre, glisse ses doigts dedans et serre — ongles courts, une seule fois, fort.

— Ne t'arrête pas de parler, dit-elle. C'est ça que je veux, en vrai. Le reste, c'est le décor.

Alors je parle, mal, à voix presque basse, et je lui décris ce que je verrais depuis ma place à moi : ses épaules droites, le chemin de son regard qui revient, la chaise que je ne quitte pas parce que je n'ai pas envie de la quitter. Je lui dis que je resterais les mains à plat sur le bois. Je lui dis que j'écouterais tout. Elle jouit là-dessus, sur cette phrase-là et pas une autre, sans prévenir, dans un silence complet qui dure trois secondes et se rompt en un seul son très bas ; sa jouissance me serre par vagues courtes, de plus en plus espacées, puis elle redescend par paliers, longtemps, une corde qu'on laisse revenir au repos sans la lâcher.

Elle reste au-dessus de moi, immobile, le temps que la maison se remette à faire ses bruits. Je suis encore en elle. Je fais, dans ce noir-là, le tour de ce qui devrait me faire peur, consciencieusement, dans l'ordre. La jalousie : elle est là, je la trouve tout de suite, une corde de basse qui gronde très bas quand on frôle le meuble — mais elle tient sans casser, et ce grondement, contre toute attente, ne demande pas qu'on l'étouffe. Le ridicule : introuvable ce soir ; il faudra revérifier au jour.

— Tu n'as pas fini, dit Margaux.

— Non.

— Je sais. J'ai attendu exprès.

Elle se relève un peu, se repose autrement — plus haut, plus droite, la nuque tendue — et repart. Trois mouvements pleins, puis un temps d'arrêt. Trois autres, un temps d'arrêt. Elle a trouvé la mesure qui me tient au bord et m'y garde, et elle la tient sans se presser, comme elle tiendrait un cahier sous presse le temps qu'il faut.

— Redis-moi la phrase.

— Laquelle ?

— Celle des mains à plat.

Je la redis. Elle me la fait redire une troisième fois, et à la troisième ma voix ne tient plus, et c'est ça qu'elle voulait : ma voix qui cède avant le reste. Elle le sent avant moi. Elle serre les doigts dans les miens sur le drap, laisse enfin le mouvement aller au bout, et cesse complètement de m'aider — elle me prend simplement, à pleine descente, sans plus rien retenir.

Ça monte comme monte une note qu'on a trop tendue : d'un coup, et par le bas. Je jouis en parlant, ce qui ne m'était jamais arrivé, ni avec elle ni avec personne. La phrase part en morceaux, chaque morceau plus court que le précédent, et le dernier n'est plus un mot du tout. Sa main libre est venue se poser en travers de ma bouche, pas pour me faire taire — pour sentir la fin sortir dans sa paume.

Le silence d'après n'est pas un vide. C'est une pièce accordée.

— Tu comptais ? demande-t-elle au bout d'un moment, la voix rendue au jour.

— Non. J'ai arrêté au troisième couvert.

— Bien.

Elle se laisse tomber à côté de moi, remonte la couverture sur nous deux, pose à son tour sa paume à plat sur mon sternum, sans autre intention que le poids — la symétrie, chez elle, est une politesse.

— Demain matin, dit-elle dans le noir, on en parle. À la table. Pas au lit — au lit on se raconte, à la table on décide. Si tu te réveilles et que tu veux que tout ça n'ait pas existé, tu le dis, et je range l'assiette, et je ne t'en voudrai pas une seconde. C'est aussi ça, voir.

— Et si je ne veux pas qu'on la range ?

— Alors il nous faudra des règles. Des vraies. Écrites.

Elle s'endort la première, d'un coup, à sa manière — un livre qu'on ferme. Moi je reste longtemps à écouter la maison, et la maison a changé de son. Rien d'inquiétant : le son d'une pièce dont on a ouvert une fenêtre longtemps restée peinte. Je pense à l'homme sans visage, et ce qui me traverse n'est pas ce que j'avais anticipé toutes ces semaines où je sentais l'accord se préparer. Ce n'est pas une perte. C'est une curiosité, précise, physique, honteuse de rien : savoir de quoi j'aurais l'air, moi, assis à notre table, en train d'écouter.

Illustration : une cuisine de nuit traversée d'ombres végétales, une petite lampe allumée au bout d'une longue table en chêne éclairant une assiette vide et son verre

Deux heures et quelques. Je descends boire un verre d'eau, pieds nus, en évitant la quatrième marche qui parle.

La petite lampe du bout de table est restée allumée. Dans son rond de lumière, l'assiette du troisième attend, propre, le couteau tourné vers elle, le verre vide debout. La maison dort autour ; l'assiette veille.

Deux gestes. Il suffirait de deux gestes pour la rendre au buffet, et la cuisine redeviendrait une cuisine.

Je bois mon verre. Je le rince. Je le retourne sur l'égouttoir.

Margaux ne l'a pas rangée. Moi non plus.