Histoire OnlyFans : qui l'a créé et qui le possède

11 min de lectureRubrique :Le MagazineCulture & sociétéÉtiquettes :Culture pornOnlyFans

OnlyFans est né en 2016 à Londres, fondé par l'entrepreneur britannique Tim Stokely. En dix ans, cette plateforme d'abonnement est passée d'un site confidentiel au nom le plus célèbre du contenu pour adultes en ligne. Voici l'histoire d'OnlyFans : qui l'a créé et comment la pandémie l'a fait exploser. Puis pourquoi elle a failli bannir le porno en 2021, et à qui elle appartient depuis la mort de son propriétaire, en 2026.

En bref : OnlyFans a été lancé en 2016 par Tim Stokely, via la société britannique Fenix International, immatriculée à Londres le 1er septembre 2016. En 2018, Stokely a vendu environ 75 % de l'entreprise à l'homme d'affaires ukraino-américain Leonid Radvinsky. La pandémie de 2020 a propulsé la plateforme ; en 2021, elle a annoncé puis suspendu l'interdiction du contenu explicite. Radvinsky est mort le 20 mars 2026 : sa veuve contrôle depuis l'entreprise, qui a cédé 16 % de ses parts en mai 2026. Fondateur et propriétaire sont donc deux personnes distinctes.

Repères
PlateformeOnlyFans — site d'abonnement pour créateurs, lancé en 2016
Société exploitanteFenix International Limited (Londres, immatriculée le 01/09/2016)
FondateurTim Stokely, entrepreneur britannique (Harlow, Essex)
PropriétaireLeonid Radvinsky (≈ 75 % depuis 2018), décédé le 20/03/2026
Contrôle depuis 2026Yekaterina « Katie » Chudnovsky, sa veuve (registre Companies House)
Vente partielle16 % cédés à Architect Capital le 08/05/2026 (valorisation 3,15 Md$)
DirectionKeily Blair, CEO depuis juillet 2023
PublicationJuillet 2026 — nos enquêtes culture & société, le Mag actus & tendances
Temple d'or gréco-romain surgissant de la jungle au lever du soleil, pièces d'or sur les marches — histoire OnlyFans

Aux origines : qui a créé OnlyFans ?

OnlyFans a été créé en 2016 par Tim (Timothy) Stokely, un entrepreneur britannique originaire de Harlow, dans l'Essex. Sa société exploitante, Fenix International Limited, a été immatriculée au registre britannique des sociétés le 1er septembre 2016, avec un siège à Londres. C'est donc là, et à cette date, que commence l'histoire de la plateforme.

Contrairement à une idée reçue, OnlyFans est d'abord une affaire de famille. Une enquête de Forbes publiée en juin 2021 et un portrait de The Guardian le confirment. Aux commandes, trois Stokely :

  • Tim Stokely, le fondateur, aux manettes du projet.
  • Guy Stokely, son père, ancien banquier d'affaires, cofondateur et financier de l'aventure — administrateur de Fenix.
  • Thomas « Tom » Stokely, son frère, directeur des opérations (Chief Operating Officer).

Le concept, lui, est simple. OnlyFans est une plateforme d'abonnement : un créateur y publie du contenu réservé à ses « fans ». Ceux-ci paient un abonnement mensuel pour y accéder, complété par des pourboires et des achats à l'unité. En 2020, les abonnements relevés allaient de 4,99 à 49,99 dollars par mois, selon Forbes. À l'origine, le site accueillait tous les profils de créateurs ; il a rapidement été dominé par le contenu adulte.

Son modèle économique, resté inchangé, éclaire une partie de son succès. D'après les comptes de la société, OnlyFans reverse 80 % des paiements des fans aux créateurs et en conserve 20 %. Autrement dit, pour chaque dollar gardé par la plateforme, le créateur en touche quatre. L'accès, lui, est réservé aux personnes majeures : c'est un service strictement 18+.

Un point mérite d'être posé d'emblée, car il crée beaucoup de confusion : le fondateur n'est pas resté le propriétaire. En octobre 2018, Tim Stokely a vendu environ 75 % de Fenix International à un investisseur extérieur, Leonid Radvinsky (voir plus bas). Autrement dit, l'homme qui a créé OnlyFans n'en détenait plus la majorité deux ans après son lancement.

2020 : la pandémie fait exploser OnlyFans

Ce qui a fait basculer OnlyFans dans une autre dimension, c'est la pandémie de Covid-19. Les confinements de 2020 ont provoqué une ruée vers la pornographie en ligne, selon The Guardian. Ils ont aussi poussé de nombreux créateurs à chercher un revenu depuis chez eux. En quelques mois, la plateforme change d'échelle.

Les ordres de grandeur donnent le vertige. Sur l'exercice clos en novembre 2020, les ventes brutes atteignent 1,7 milliard de livres, soit environ 2,3 milliards de dollars, d'après les comptes de Fenix rapportés par le Financial Times et The Guardian. Les comptes déposés au registre britannique fixent la mesure côté créateurs : 1,62 million de comptes créateurs fin novembre 2020, et 82 millions de comptes de fans. Un an plus tard, les créateurs seront 2,16 millions.

Une précision d'honnêteté comptable s'impose. À l'époque, le Financial Times annonçait 390 millions de dollars de chiffre d'affaires net pour cet exercice. Or, la société l'a ensuite restaté à 358 millions dans ses comptes, après une revue de ses taxes sur les ventes. Le nombre d'inscrits, enfin, serait passé d'une vingtaine de millions avant la pandémie à environ 120 millions en mars 2021, selon le Financial Times.

C'est aussi l'été 2020 qui installe OnlyFans dans la conversation grand public, avec l'arrivée de l'actrice Bella Thorne. Ancienne vedette de Disney, elle rejoint la plateforme début août 2020. Elle gagne alors, selon NBC News, près de deux millions de dollars en une semaine — dont un million dès le premier jour.

L'épisode tourne toutefois à la controverse. D'après NBC News et Rolling Stone, un contenu payant facturé 200 dollars, présenté comme une photo dénudée, aurait déclenché une vague de remboursements. Dans la foulée, fin août 2020, OnlyFans durcit ses règles sans préavis. La plateforme plafonne les messages payants à 50 dollars et les pourboires à 100 dollars, et allonge ses délais de versement. Des créateurs ont attribué ces plafonds à l'épisode Bella Thorne. OnlyFans a démenti que le changement vise un utilisateur en particulier : selon la plateforme, ces limites servaient à prévenir les dépenses excessives.

Pour la photographie chiffrée de ce qu'est devenue la plateforme aujourd'hui, cap sur notre étude des statistiques OnlyFans. Côté créateurs, notre annuaire des créatrices OnlyFans françaises prend le relais. Le présent article, lui, reste centré sur l'histoire.

Août 2021 : bannir le porno, puis renoncer

En août 2021, OnlyFans a connu l'un des épisodes les plus commentés de son histoire. La plateforme a annoncé l'interdiction du contenu explicite, avant de faire volte-face six jours plus tard. Trois moments, à ne pas confondre.

Le 19 août 2021, la plateforme annonce qu'elle interdira le contenu « sexuellement explicite » à compter du 1er octobre 2021. Le motif affiché : « se conformer aux demandes de ses partenaires bancaires et de ses prestataires de paiement » (Bloomberg, Rolling Stone). La nudité, elle, resterait autorisée ; seul le contenu explicite était visé.

Le 24 août 2021, dans un entretien au Financial Times repris par CNBC, le fondateur et patron Tim Stokely désigne clairement la cause : les banques. « Ce changement de politique, nous n'avions pas le choix — la réponse courte, ce sont les banques », déclare-t-il, citant BNY Mellon, Metro Bank et JPMorgan Chase. Il précise que les règles de Mastercard n'ont joué aucun rôle dans la décision.

Le 25 août 2021, coup de théâtre : OnlyFans suspend le changement. Comme le rapporte CNN, l'entreprise explique avoir « obtenu les assurances nécessaires pour soutenir sa communauté de créateurs ». Elle suspend donc la modification prévue au 1er octobre. Point essentiel : cette interdiction n'est jamais entrée en vigueur. Le motif officiel, lui, n'a pas varié d'une date à l'autre — il était bancaire.

Cet épisode a révélé une fragilité de fond, restée d'actualité. Une plateforme de contenu pour adultes dépend de ses partenaires bancaires et de ses prestataires de paiement. Le jour où ces acteurs se retirent, c'est tout le modèle qui vacille. En quelques jours, OnlyFans a montré à la fois cette dépendance et sa capacité à négocier pour la surmonter.

Qui est le propriétaire d'OnlyFans ?

Le propriétaire d'OnlyFans n'a jamais été son fondateur. C'est Leonid « Leo » Radvinsky, un homme d'affaires ukraino-américain, qui a détenu la majorité de l'entreprise. Il a acquis environ 75 % de Fenix International auprès des Stokely en octobre 2018, selon Forbes. Jusqu'à son décès, les comptes déposés de la société le décrivaient comme la « partie détenant le contrôle ultime » (ultimate controlling party). Ce statut tenait à sa participation majoritaire. Depuis 2024, ces parts étaient logées dans un trust, le LR Fenix Trust, selon The Hollywood Reporter.

Radvinsky est mort le 20 mars 2026, à l'âge de 43 ans. OnlyFans a annoncé son décès le lundi 23 mars 2026, évoquant une longue bataille contre le cancer. La famille a demandé la confidentialité, et le type de cancer n'a pas été rendu public. Par respect pour ces éléments, nous nous en tenons aux faits communiqués.

Sa disparition a ouvert une question de succession, désormais tranchée. Après sa mort, sa veuve, Yekaterina « Katie » Chudnovsky, a été enregistrée au registre britannique Companies House comme personne exerçant un contrôle significatif sur Fenix International — une notification datée du 20 mars 2026, rendue publique par un dépôt début mai. Selon Forbes, elle détient au moins 75 % des parts et des droits de vote de la société.

Ce contrôle prolonge la structure d'origine : Radvinsky détenait déjà « 75 % ou plus » depuis octobre 2018, d'après le registre. Il ne s'agit donc pas de l'entrée d'un investisseur tiers au contrôle, mais d'un passage de relais familial.

Retenons la distinction, souvent brouillée : Tim Stokely reste le fondateur d'OnlyFans, mais il n'en est plus le propriétaire depuis 2018. Le contrôle, lui, est aujourd'hui aux mains de la veuve de Leonid Radvinsky.

Après Radvinsky : vente de 16 % et direction actuelle

La mort du propriétaire n'a pas mis l'entreprise en vente — du moins pas entièrement. Le 8 mai 2026, Fenix International a annoncé la cession d'une part minoritaire de 16 % à Architect Capital, une société d'investissement de San Francisco, pour 535 millions de dollars. Comme le rapporte Variety, l'opération valorise OnlyFans à 3,15 milliards de dollars. C'est très loin des quelque 8 milliards évoqués par la presse en 2025 — pour un projet de cession totale qui n'a jamais abouti. Les négociations avaient d'ailleurs porté un temps sur environ 60 % de la société, avant d'être ramenées à cette part minoritaire.

Cette vente ne change pas le contrôle. Au registre Companies House, consulté en juillet 2026, Yekaterina Chudnovsky reste inscrite comme détentrice d'au moins 75 % des parts et des droits de vote de Fenix.

Côté direction, la continuité l'emporte aussi. Tim Stokely avait quitté son poste de CEO en décembre 2021, remplacé par Amrapali « Ami » Gan — un renouvellement de l'équipe dirigeante acté dans le rapport stratégique de Fenix. En juillet 2023, Keily Blair, jusque-là directrice de la stratégie et des opérations, lui a succédé, comme l'ont rapporté Variety et TechCrunch. Elle est restée en poste après le décès de Leonid Radvinsky : c'est elle qui portait la parole de l'entreprise dans l'annonce du deal de mai 2026. Une précision utile, car la presse les confond parfois : Radvinsky n'a jamais été le CEO d'OnlyFans — il en était le propriétaire et un administrateur.

Histoire OnlyFans : les dates qui comptent

Pour fixer les repères, voici la chronologie d'OnlyFans, des origines à sa succession de 2026. Chaque étape est sourcée dans les sections ci-dessus.

DateÉtapeSource
1er septembre 2016Immatriculation de Fenix International à Londres ; lancement d'OnlyFansCompanies House
Octobre 2018Tim Stokely vend ≈ 75 % de Fenix à Leonid RadvinskyForbes
Août 2020Bella Thorne rejoint la plateforme ; la pandémie fait exploser l'audienceNBC News, The Guardian
19 août 2021Annonce de l'interdiction du contenu explicite (motif bancaire)Bloomberg
25 août 2021Suspension de l'interdiction, jamais entrée en vigueurCNN
Décembre 2021Tim Stokely quitte la direction ; Amrapali Gan devient CEOComptes Fenix, presse
Juillet 2023Keily Blair devient CEO d'OnlyFansVariety, TechCrunch
20 mars 2026Décès de Leonid Radvinsky, propriétaire majoritaire (annoncé le 23/03) ; sa veuve Katie Chudnovsky lui succède au contrôle de FenixOnlyFans, Companies House
8 mai 2026Vente de 16 % de Fenix à Architect Capital (valorisation 3,15 Md$)Variety, presse

FAQ — ce que vous cherchez sur l'histoire d'OnlyFans

Qui a créé OnlyFans ?
OnlyFans a été créé en 2016 par Tim (Timothy) Stokely, un entrepreneur britannique originaire de l'Essex, au sein d'une affaire de famille. Son père, Guy Stokely, ancien banquier d'affaires, en a été le cofondateur et le financier ; son frère Thomas Stokely en est devenu le directeur des opérations. La société exploitante, Fenix International Limited, a été immatriculée à Londres le 1er septembre 2016.
Quelle est la date de création d'OnlyFans ?
OnlyFans a été lancé en 2016. La date la plus précise et vérifiable est celle de l'immatriculation de sa société exploitante, Fenix International Limited, au registre britannique Companies House : le 1er septembre 2016, avec un siège à Londres. La plateforme a ensuite pris son essor en 2020, à la faveur de la pandémie.
OnlyFans est-il une entreprise britannique ?
Oui. OnlyFans est exploité par Fenix International Limited, une société immatriculée au Royaume-Uni, à Londres, le 1er septembre 2016 (registre Companies House). Son fondateur, Tim Stokely, est lui-même un entrepreneur britannique, originaire de Harlow, dans l'Essex. La plateforme est donc bien d'origine britannique. Son propriétaire, Leonid Radvinsky, était en revanche ukraino-américain : le pays de la société et la nationalité de son propriétaire sont deux choses distinctes.
Que s'est-il passé pour OnlyFans pendant la pandémie de 2020 ?
La pandémie de Covid-19 a fait changer OnlyFans d'échelle. Selon The Guardian, les confinements de 2020 ont provoqué une ruée vers la pornographie en ligne et poussé de nombreux créateurs à chercher un revenu depuis chez eux. En août 2020, l'arrivée de l'actrice Bella Thorne a aussi installé la plateforme dans la conversation grand public. Pour les données chiffrées de cette croissance, nous renvoyons à notre étude sur les statistiques d'OnlyFans.
Pourquoi OnlyFans a-t-il failli bannir le porno en 2021 ?
Le 19 août 2021, OnlyFans a annoncé interdire le contenu sexuellement explicite à partir du 1er octobre, pour se conformer aux demandes de ses partenaires bancaires et de paiement. Son fondateur Tim Stokely a désigné les banques comme cause, citant BNY Mellon, Metro Bank et JPMorgan Chase. Face au tollé, l'entreprise a suspendu la mesure dès le 25 août : elle n'est jamais entrée en vigueur.
Qui est le propriétaire d'OnlyFans aujourd'hui ?
Le propriétaire majoritaire était Leonid Radvinsky, qui avait racheté environ 75 % de l'entreprise en 2018. Il est mort le 20 mars 2026, à 43 ans, d'un cancer selon l'annonce d'OnlyFans. Depuis, sa veuve, Yekaterina « Katie » Chudnovsky, contrôle la société : selon le registre Companies House et Forbes, elle en détient au moins 75 %. En mai 2026, une part minoritaire de 16 % a par ailleurs été vendue à Architect Capital, sans changement de contrôle.
Tim Stokely dirige-t-il encore OnlyFans ?
Non. Tim Stokely a fondé OnlyFans en 2016, mais il a vendu environ 75 % de la société à Leonid Radvinsky dès octobre 2018 (Forbes), puis quitté son poste de CEO en décembre 2021. Amrapali Gan lui a succédé, avant Keily Blair en juillet 2023. Il reste le fondateur historique de la plateforme, sans rôle de direction aujourd'hui et sans contrôle de l'entreprise depuis 2018.
Qui dirige OnlyFans aujourd'hui ?
La CEO d'OnlyFans est Keily Blair, en poste depuis juillet 2023 (Variety, TechCrunch). Elle a succédé à Amrapali Gan et est restée à la tête de l'entreprise après la mort du propriétaire Leonid Radvinsky, en mars 2026. Le contrôle du capital, lui, appartient à Yekaterina « Katie » Chudnovsky, la veuve de Radvinsky, selon le registre Companies House.

Ce qu'il faut retenir

L'histoire d'OnlyFans tient en quelques bascules : une création familiale à Londres en 2016 par Tim Stokely, une vente de la majorité à Leonid Radvinsky dès 2018, une explosion portée par la pandémie de 2020, une interdiction du porno annoncée puis abandonnée en 2021, et une succession ouverte par la mort de son propriétaire en 2026 — réglée par sa veuve, avec une vente minoritaire de 16 % à la clé. Fondateur et propriétaire n'ont jamais été la même personne — c'est la clé pour comprendre qui fait quoi.

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