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Comment faire l'amour est une des questions les plus tapées du web francophone, et elle attend une notice : un ordre, des étapes, une durée à tenir. La recherche, elle, ne fournit rien de tel — et ce n'est pas une lacune, c'est un résultat. Ce qu'elle fournit, ce sont des repères : sur ce qui se passe réellement, sur ce qui est associé au plaisir, et sur les chiffres qui circulent partout sans rien mesurer. Les voici, avec leurs sources et leurs limites.
En bref : il n'existe pas de déroulé standard, et c'est mesuré — une enquête américaine sur échantillon probabiliste a recensé 41 combinaisons de pratiques différentes pour un seul et même rapport. Le résultat le mieux établi du champ n'est pas une technique, c'est la communication : une méta-analyse de 48 études l'associe à toutes les dimensions de la fonction sexuelle. Côté durée, la seule mesure objective disponible porte sur la pénétration et donne une médiane de 5,4 minutes, quand des sexothérapeutes considèrent que 3 à 13 minutes ne pose aucun problème. Et ce que tu crois que l'autre attend colle plus souvent à des stéréotypes qu'à ce que cette personne dit vraiment.
Repères
Le sujet
Comment faire l'amour : ce qui est mesuré, ce qui ne l'est pas, et ce qui ne veut rien dire
La question suppose qu'il existe une bonne façon de s'y prendre, et donc une mauvaise. C'est précisément ce que les données ne montrent pas.
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41 combinaisons de pratiques pour un seul rapport
En 2010, une équipe de l'université d'Indiana a demandé à 3 990 adultes de 18 à 59 ans, tirés au sort dans un échantillon probabiliste national américain, de décrire leur dernier rapport partagé. Résultat : 41 combinaisons de pratiques différentes apparaissent dans l'échantillon. Autrement dit, sous un seul et même mot, les gens décrivent quarante et une choses distinctes.
Les auteurs relèvent aussi que l'orgasme est positivement lié au nombre de pratiques présentes dans le rapport. Attention à la lecture : c'est une corrélation, sur un événement déclaré une seule fois. Elle ne dit pas qu'il faut varier, et surtout pas qu'un rapport avec plus de choses dedans vaut mieux qu'un autre. Elle dit que la forme unique n'existe pas — et un chiffre qui documente la diversité ne peut pas servir à fabriquer une norme.
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Ce que « faire l'amour » désigne — et ce que l'Inserm en dit
En France, l'enquête de référence sur la sexualité s'appelle CSF-2023 : 21 259 personnes de 15 à 89 ans, tirées au sort par génération aléatoire de numéros de téléphone, interrogées de novembre 2022 à novembre 2023 par l'Inserm et l'ANRS-MIE. Dans ses premiers résultats, publiés le 13 novembre 2024, une phrase mérite d'être lue lentement :
« Ces résultats interrogent sur la définition même d'un rapport sexuel, qui, si elle a pu évoluer au fil du temps, renvoie toujours majoritairement à un scénario qui comporte une pratique de pénétration vaginale ou anale. »
Ce n'est pas un institut militant qui parle, c'est l'organisme public de recherche médicale. Ce qu'il constate est simple : quand on demande aux gens de compter leurs rapports, ils comptent surtout un scénario. Donc quand tu cherches comment faire l'amour, tu poses souvent, sans le vouloir, la question d'un seul scénario parmi beaucoup d'autres — et une question mal cadrée n'a pas de bonne réponse. Si tu veux voir ce que recouvre le reste, notre panorama des pratiques à découvrir en confiance les présente sans les classer.
La réponse la mieux documentée n'est pas une technique, c'est une conversation
S'il n'y a pas de déroulé standard, reste à savoir sur quoi s'appuyer. La réponse existe, elle est mesurée, et elle a le défaut d'avoir l'air d'une évidence : la communication.
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Ce que mesure une méta-analyse de 48 études
En 2019, une équipe de l'université du Texas à Austin a agrégé 48 études portant sur la communication sexuelle dans le couple. La communication y est associée à toutes les dimensions mesurées de la fonction sexuelle : la fonction globale (r = 0,35), l'orgasme (0,23), l'excitation (0,21), la lubrification (0,17), la fonction érectile (0,19), le désir (0,16) et moins de douleurs (0,12). Les effets sont plus marqués chez les femmes, et nettement plus forts chez les personnes mariées (r = 0,47) que chez celles qui se fréquentent depuis peu (0,11).
Deux précautions, parce qu'elles comptent autant que le chiffre. Ce sont des corrélations : rien ne prouve que parler cause quoi que ce soit, et l'inverse est plausible — les gens qui vont bien ensemble se parlent peut-être plus facilement. Et ces effets sont modérés, pas spectaculaires. Mais aucun autre facteur de ce champ n'a derrière lui 48 études qui pointent dans la même direction. C'est pour ça que la réponse honnête à « comment faire l'amour » commence par là, et non par une technique.
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Parler ne veut pas dire réciter un script
Il n'y a pas de phrase à apprendre, et les formules toutes faites s'entendent à un kilomètre. L'idée à attraper est plus simple : dire pendant, pas seulement après. Un mot, un « attends », un « comme ça » valent mieux qu'un bilan à froid le lendemain, et engagent moins.
Deuxième idée : ce que tu cherches à savoir, en vrai, c'est ce que l'autre veut à ce moment-là — pas ce qu'il ou elle aime en général, pas ce qu'il ou elle a aimé une fois. Reformule-le avec tes mots, dans ta situation ; une question posée mot pour mot d'après un article sonne exactement comme une question posée d'après un article. Et si le sujet est difficile à ouvrir, c'est un chantier à part entière : nous lui consacrons un guide complet sur comment parler de sexualité dans son couple — la méthode est là-bas, pas ici.
Combien de temps ça dure ? Le chiffre qui met le plus de pression
Il n'existe aucune mesure de la durée d'un rapport. La seule donnée objective publiée porte sur la pénétration jusqu'à l'éjaculation : 500 couples de cinq pays l'ont chronométrée pendant quatre semaines, et la médiane est de 5,4 minutes, avec une étendue de 0,55 à 44,1 minutes. Un rapport, lui, n'a jamais été chronométré nulle part.
Une sexologue répondait à la même question sur une antenne nationale, et elle y ajoutait un angle que les chiffres ne donnent pas : au cinéma, une scène de sexe dure vingt à trente secondes à l'écran, montée — changements de lumière, ellipses — pour laisser croire qu'elle a duré une heure.
Vidéo : « Un bon rapport sexuel doit-il durer longtemps ? » — Europe 1, la chronique de la sexologue Catherine Blanc, 16 décembre 2019 (5 min 02)
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5,4 minutes au chronomètre — et ce que cette mesure ne dit pas
L'étude est celle de Waldinger et son équipe, publiée en 2005 : 500 couples aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Espagne, en Turquie et aux États-Unis, en relation stable depuis au moins six mois, chronomètre en main pendant quatre semaines. La distribution est très asymétrique — une majorité de valeurs basses, une longue traîne de valeurs hautes —, ce qui veut dire qu'une « moyenne » n'aurait ici aucun sens. La médiane baisse avec l'âge : 6,5 minutes entre 18 et 30 ans, 4,3 minutes après 51 ans. Deux variables souvent invoquées ne changent rien de significatif : la circoncision et le port du préservatif.
Ce que cette mesure ne dit pas est aussi important. Elle chronomètre une pratique, pas un rapport : présenter les 5,4 minutes comme « la durée d'un rapport » serait faux, et reviendrait à réduire « faire l'amour » à une seule chose — exactement ce que les 41 combinaisons contredisent. Elle ne dit rien non plus du plaisir de qui que ce soit : une durée n'est pas une évaluation. Enfin, les chiffres qui circulent au-dessus, les vingt minutes, la demi-heure, ne correspondent à aucune mesure publiée. En France, il n'existe d'ailleurs aucune mesure publique de la durée d'un rapport : ce qu'on lit là-dessus est déclaratif, quand ce n'est pas inventé.
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Ce que des sexothérapeutes appellent normal : 3 à 13 minutes
Une autre équipe a posé la question autrement, en 2008 : plutôt que de mesurer, elle a interrogé des sexothérapeutes — un échantillon aléatoire de membres de la Society for Sex Therapy and Research, aux États-Unis et au Canada. Leurs réponses, en intervalle interquartile : « adéquat » de 3 à 7 minutes, « souhaitable » de 7 à 13, « trop court » de 1 à 2, « trop long » de 10 à 30.
Leur conclusion tient en une phrase : un rapport qui dure de 3 à 13 minutes est normatif et ne justifie pas, en soi, la moindre inquiétude clinique. Les auteurs vont plus loin et recommandent explicitement de diffuser ce résultat au grand public, pour éviter la détresse que provoquent des attentes irréalistes. Autant le faire ici. Une limite, en revanche, à donner franchement : ils sont 34 répondants. C'est l'avis de gens dont c'est le métier, ce n'est pas une mesure de population — et nous ne le présentons pas comme telle.
Ce que tu crois que l'autre veut est souvent un stéréotype
C'est le résultat le plus dérangeant de ce dossier, et le plus utile. Quand on essaie de deviner ce que son ou sa partenaire souhaite, on se trompe de façon prévisible — et on se trompe dans le sens du cliché.
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Ce que 152 couples ont révélé sans le savoir
En 2004, une étude parue dans le Journal of Sex Research a demandé à 152 couples hétérosexuels trois choses : ce qu'ils vivaient, ce qu'ils souhaiteraient idéalement, et ce qu'ils pensaient que leur partenaire souhaitait. Quatre constats en sont sortis.
La durée idéale des préliminaires ne diffère pas entre les hommes et les femmes. L'idée reçue la plus répandue sur le sujet n'est pas ce que trouve l'étude.
Pour les deux, l'idéal dépasse le vécu. Personne n'est en train de subir la lenteur de l'autre : tout le monde en voudrait un peu plus.
Les femmes sous-estiment ce que leur partenaire souhaite ; les hommes non.
Les deux entretiennent des stéréotypes inexacts sur les préférences des hommes : on les croit pressés, alors qu'ils déclarent vouloir davantage que ce qu'on leur prête.
Et la conclusion des auteurs, qui vaut pour tout le monde : les perceptions qu'on a de son ou sa partenaire sont plus fortement liées à ses propres stéréotypes qu'à ce que cette personne déclare vraiment vouloir. Deux réserves honnêtes : l'échantillon est modeste, il date de 2004, et rien d'équivalent n'existe en France.
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Le test du stéréotype
Il n'y a rien à appliquer, juste une vérification qui prend trois secondes. Avant de supposer ce que l'autre attend, demande-toi : ma réponse ressemble-t-elle davantage à ce que « les hommes » ou « les femmes » sont censés vouloir, ou à ce que cette personne-là m'a dit ? Si c'est la première, tu ne connais pas sa préférence — tu récites la moyenne supposée d'un groupe, et l'étude ci-dessus dit que cette moyenne supposée est fausse. Ce n'est pas une méthode et ça ne remplace pas une conversation ; c'est juste le moment où l'on s'aperçoit qu'on a deviné au lieu de demander.
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Comparer sa fréquence à une moyenne ne dit rien de son couple
L'autre grande source de pression est chiffrée, et elle circule sans son mode d'emploi. En France, chez les 18-69 ans qui vivent en couple et ont eu des rapports dans l'année, le nombre moyen de rapports sur quatre semaines est de 6,0 pour les femmes et 6,7 pour les hommes en 2023. Il était de 8,1 et 9,0 en 1992. Par âge, l'écart est large : 7,9 et 9,1 entre 18 et 29 ans, 3,3 et 4,3 entre 60 et 69 ans. La même baisse est observée au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis.
Une moyenne qui recule de près d'un tiers en trente ans, et qui varie du simple au double selon l'âge, ne peut pas servir de norme à qui que ce soit. Elle décrit une population, pas une relation. Si l'écart entre deux personnes est le vrai sujet, il se traite pour lui-même : c'est l'objet de notre guide sur la baisse de libido dans le couple.
Ne pas en avoir envie est une réponse entière
Une chose passe avant toutes les questions de « comment » : l'envie. Ce n'est ni un préalable moral ni une précaution de style, c'est ce que mesurent les enquêtes — et les chiffres sont plus parlants que n'importe quel rappel de principe.
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Ce que la France déclare, et que personne ne dit
La CSF-2023 pose une question que peu d'enquêtes osent : avez-vous, souvent ou parfois, eu des rapports pour faire plaisir à votre partenaire sans en avoir vraiment envie ? En 2023, 43,7 % des femmes et 23,4 % des hommes de 18 à 69 ans répondent oui. Chez les femmes, la proportion recule — elle était de 50,9 % en 2006 ; chez les hommes, elle est stable depuis vingt ans.
Deux enseignements. Le premier : si tu l'as déjà fait, tu es dans une situation extrêmement courante, et le dire ne casse rien. Le second : la même enquête montre que parmi les personnes sans rapport dans les douze derniers mois, une large majorité déclare que cette situation leur convient — 87,3 % des femmes de 18 à 29 ans. Ne pas avoir envie, ponctuellement ou durablement, n'est pas un problème à réparer. Sur le cadre lui-même, tout est dit dans nos repères sur le consentement sexuel.
Douleur et santé : les deux choses à ne pas laisser passer
Ce qui suit est de l'information, pas un avis médical : nous ne sommes pas médecins, et cette page ne remplace aucune consultation.
Il reste deux points sur lesquels un guide n'a pas le droit d'être approximatif. Ils ne relèvent plus du « comment », mais du confort et de la santé — et ce sont les seuls endroits de cette page où l'on te dit d'aller voir quelqu'un.
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Le vrai résultat de cette étude : on ne le dit pas à son partenaire
Une enquête probabiliste américaine portant sur 1 738 personnes mesure qu'environ 30 % des femmes et 7 % des hommes déclarent une douleur lors de rapports avec pénétration vaginale — le plus souvent légère et brève. Lors de rapports avec pénétration anale, ces proportions montent à environ 72 % et 15 %, avec des douleurs plus souvent modérées à sévères chez les femmes.
Mais le résultat qui compte pour un guide comme celui-ci est la phrase de conclusion des auteurs : une grande partie des personnes ne disent pas à leur partenaire quand ça fait mal. C'est exactement le point où le sujet de cette page — se parler pendant, pas après — cesse d'être une question de confort et devient une question de santé. Une douleur ne s'endure pas pour ne pas casser l'ambiance, et elle ne fait pas partie du programme.
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Ce qui se dit sur le moment, ce qui se dit à un professionnel
Si une douleur revient, elle s'explore avec un professionnel de santé plutôt que sur un forum. Le service public d'information en santé sexuelle décrit les dyspareunies — les douleurs liées à une pénétration ou à une tentative de pénétration — comme un trouble aux causes identifiables, le plus souvent physiques, parfois psychologiques, et toujours réelles. Autrement dit : quelque chose se cherche et se prend en charge. Une douleur justifie d'ailleurs un avis médical sans attendre.
Pour le reste, les classifications cliniques retiennent deux conditions cumulatives avant de parler de trouble : une difficulté qui dure depuis plus de six moiset qui cause de la détresse. Santé publique France mesure ces deux dimensions en France, dans son bulletin épidémiologique de mai 2026. Deux précisions valent autant que les critères eux-mêmes. Ils décrivent, ils ne diagnostiquent pas : un diagnostic se pose en consultation, pas en lisant une page. Et ne pas les remplir n'est jamais une raison de ne pas consulter : si quelque chose te préoccupe, c'est un motif suffisant, sans délai à respecter. Si les deux sont réunies, le bon interlocuteur n'est pas un article, celui-ci compris : c'est un médecin, une sage-femme ou un ou une sexologue.
FAQ — comment faire l'amour
Comment faire l'amour quand on ne sait pas par où commencer ?
En arrêtant de chercher un ordre. Aucune donnée ne décrit un déroulé standard : sur un échantillon national américain, un même « rapport » recouvrait 41 combinaisons de pratiques différentes. Ce qui est associé au reste, dans 48 études agrégées, c'est de se parler — pendant, pas seulement après. Commence par ce que tu veux dire, pas par ce que tu veux faire.
Combien de temps doit durer un rapport ?
Il n'existe aucune durée à atteindre. La seule mesure objective disponible ne porte pas sur un rapport mais sur la pénétration jusqu'à l'éjaculation : médiane de 5,4 minutes chez 500 couples chronométrés, avec une étendue allant de 33 secondes à 44 minutes. Des sexothérapeutes interrogés en 2008 estiment que 3 à 13 minutes est normatif et ne justifie aucune inquiétude.
Y a-t-il des techniques qui marchent mieux que d'autres ?
Aucune donnée ne classe les pratiques par efficacité, et nous n'en publierons pas. Le seul constat solide est une corrélation, pas une consigne : le nombre de pratiques présentes dans un rapport est lié à la survenue de l'orgasme. Cela documente une diversité, ça ne désigne pas de gagnante. Nos pratiques à découvrir sont présentées sans hiérarchie, pour la même raison.
Comment savoir ce que mon ou ma partenaire veut ?
En demandant, parce que deviner échoue de façon documentée. Chez 152 couples étudiés, les perceptions de ce que l'autre souhaitait étaient plus liées aux stéréotypes de celui qui devinait qu'aux préférences réellement déclarées par son partenaire. Un test simple : si ta réponse ressemble à ce que « les hommes » ou « les femmes » sont censés vouloir, tu n'as pas la réponse de cette personne-là.
Est-ce normal d'avoir mal pendant un rapport ?
Non — le service public d'information en santé sexuelle l'écrit ainsi : « Il n'est pas normal d'avoir mal pendant ou après un rapport sexuel. » Et ce n'est pas une variante du plaisir. C'est fréquent — environ 30 % des femmes et 7 % des hommes déclarent une douleur lors de rapports avec pénétration vaginale, le plus souvent légère et brève — mais fréquent ne veut pas dire normal. Une douleur se dit sur le moment ; si elle revient, elle relève d'un avis médical, pas d'un ajustement de position.
On fait l'amour moins souvent que les autres, est-ce un problème ?
Rien ne permet de le dire, parce que « les autres » n'existent pas comme référence. En France, la fréquence moyenne sur quatre semaines est de 6,0 chez les femmes et 6,7 chez les hommes en 2023, contre 8,1 et 9,0 en 1992, et elle varie du simple au double selon l'âge. Une moyenne qui bouge autant ne peut servir de norme à personne.
Faire l'amour, est-ce forcément une pénétration ?
Non, et l'Inserm le dit lui-même. Dans les premiers résultats de la CSF-2023, les auteurs relèvent que la définition d'un rapport sexuel « renvoie toujours majoritairement à un scénario qui comporte une pratique de pénétration vaginale ou anale », et que d'autres formes d'expériences sexuelles se développent. Le mot est donc plus étroit que la chose qu'il désigne — ce qui explique une bonne partie des malentendus autour de la question.
Ce qu'il faut retenir
Cinq repères, et aucune méthode. Un : il n'y a pas de déroulé standard — 41 combinaisons de pratiques pour un seul « rapport », et l'Inserm lui-même interroge la définition du mot. Deux : se parler est le résultat le mieux établi du champ, une méta-analyse de 48 études derrière lui, et ce n'est pas un pis-aller. Trois : la seule durée mesurée, 5,4 minutes, porte sur la pénétration et pas sur un rapport ; 3 à 13 minutes est jugé normatif par les professionnels du sujet ; le reste ne repose sur rien.
Quatre : ce que tu crois que l'autre attend colle davantage à tes stéréotypes qu'à ce que cette personne déclare, et une moyenne nationale ne décrit jamais une relation. Cinq : l'envie, la douleur et le confort passent avant tout le reste — ne pas en avoir envie est une réponse entière, une douleur qui revient se dit et s'explore avec un professionnel de santé, et les classifications cliniques parlent de trouble quand une difficulté dure plus de six mois et qu'elle pèse. Ces critères décrivent, ils ne diagnostiquent pas — et il n'y a aucun seuil à franchir pour aller consulter.
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